
Vendredi 11 novembre 2011 , devant la tombe du libre penseur Claa
Il est temps d'en finir,
il est temps de rendre justice, réhabilitez les fusillés pour l'exemple !
Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,
Fidèle à
sa tradition pacifique internationaliste,
Ici, à
Alfortville, sur le monument aux morts près de la mairie est gravé le nom d’Aristide
Gauthier. C’est un fusillé pour l’exemple. Et c’est sur l’insistance de sa
famille que l’on doit cette gravure. Sur ce monument est inscrit « Aux
morts POUR
Quand on
connait l’histoire de Julien Chapelant, fusillé sous la même accusation, on
peut mesurer l’injustice de ce jugement :
En effet, le 7 octobre 1914, après sept jours et sept nuits de combats et de bombardements ininterrompus autour de Beuvraignes (Somme), il est capturé avec une poignée de survivants. Blessé à une jambe, il réussit cependant à s’échapper et à regagner les lignes françaises deux jours plus tard, dans un état d’épuisement, facile à imaginer. Pourtant, le lieutenant-colonel Didier, son chef de corps, le fait traduire devant un « conseil de guerre spécial » qui le condamne à mort pour « capitulation en rase campagne ». Le 10 octobre 1914, Chapelant est fusillé dans la cour du château des Loges, attaché à son brancard dressé contre un pommier. Il n’est toujours pas réhabilité.
A Fontenay-sous-Bois,
à deux pas d’ici, en août 1914, un artilleur cantonné dans cette ville, un des
créateurs de la chanson «
Peut-être
que, parmi ces soldats qui l’entonnèrent ce n’est plus son jupon qu’ils frôlèrent,
comme dit la chanson, mais c’est le voile de la mort qui plus tard les
recouvrit à Craonne : « Adieu la vie-Adieu l’amour » ! Leur tour du monde s’est arrêté là !
Dans le lot il y avait peut-être un de ces 3 jeunes originaires de Vincennes
tués à l’âge de 17 ans.
Ils ont
peut-être échappé aux balles françaises, ligotés au poteau d’exécution comme le réclama Joffre dès le 6 septembre
1914, je cite :
« Au
moment où s’engage une bataille dont dépend le salut du pays, […] aucune
défaillance ne peut être tolérée ». Joffre obtient que soient créés des
conseils de guerre spéciaux qui ont tout pouvoir pour rendre des jugements sans
appel et prononcer des condamnations à la peine de mort immédiatement
exécutables.
La
réhabilitation des fusillés pour l'exemple, c'est replacer le cœur de ces
hommes au centre de
C'est
rendre justice à ces hommes, mais aussi aux autres soldats qui ont subi, vécu,
participé malgré eux à la boucherie de 1914-1918. Nous pensons en particulier à
cet habitant de Valenton , Julien Duranton, qui fit le récit de ses souvenirs
de guerre.
« A peine
avons-nous terminé notre marche de
De retour
en Meurthe-et-Moselle, nous avons pris position à proximité des premières
lignes et y sommes restés 18 mois ; c’était terrible à cause des
bombardements. Nous n’avions aucune permission, les hommes étaient exténués.
J’ai vécu à côté de morts, on mangeait à côté de morts, on était à tout instant
exposé à la mort. »
Et cet
autre habitant de Valenton : François Gouré, cheminot au PLM qui refusa en
novembre 1915, lors de l’expédition d’orient, après avoir risqué maintes fois
sa vie et vu nombre de ses camarades mourir
refusa de repartir en 1ère ligne poser des fils de fer
barbelés et dit-il « je fis bien car le sous-officier est
tué ». Pour bien moins que ça d’autres furent fusillés.
Aujourd'hui,
Monsieur le Président dans plus de 70 rassemblements à travers
Reconnaissez
à ces hommes le droit de n'avoir plus à supporter l'insupportable.
Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,
C'est un combat que nous n'abandonnerons pas.
Ainsi 11 Conseils généraux,
2 Conseils régionaux (Limousin et Corse) ont déjà pris position pour la réhabilitation.
L'action conjointe de
Le
passé rejoint le présent
Aujourd'hui
encore, 97 ans après les bombes tombent encore pour officiellement faire tomber
des tyrans que les défenseurs d'un ordre nouveau ont mis en place, à qui ils
ont vendu des armes. Les mêmes armes tuent les populations qu'il faut libérer. Les
soldats continuent à tomber au nom de la croisade d'un capital à l'agonie.
Cent ans
de régime de guerres, de destructions, de pillages. "Le capitalisme
porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage" disait Jaurès.
Alors que faut-il attendre ? De voir tomber les
pays dans des conflits armés les uns après les autres. La perte d'un triple
A doit-il la folie des hommes et
le licenciement de milliers d'autres ? L'embrasement de
C'est pour
cela que
Sur le
monument aux morts, réputé pacifiste, de Noiseau, petite commune de notre
département, cet aphorisme de Malraux est gravé : « L’espoir des
hommes c’est leur raison de vivre et de mourir. »
Pour nous,
aujourd’hui, notre raison de vivre c’est, entre autre, que ce monde qui porte
en lui la guerre comme la nuée porte l’orage disparaisse et que nous puissions
vivre assez longtemps pour participer à sa fin.
De la
tonnelle de la chanson (sous la tonnelle on frôle son jupon) le raisin était
peut être blanc comme celui célèbre, du petit vin de Nogent. Mais il est devenu
rouge comme celui de la butte du même nom. Rouge comme celui du « sang des
copains qui roulaient dans le ravin ».Autre chanson.
Laissons
les derniers mots au refrain d’une chanson découverte dans le courrier d’un de
ces malheureux, le 2 juin 1917, par la commission de contrôle postal militaire:
« Allons Mesdames un bon mouvement - Déclarez la révolution
À bas la guerre (bis) - Votez plus pour les députés
Votez pour les pauvres mutilés - À bas la guerre
(bis)
Ne croyez plus nos Généraux - Car c'est une bande
de salops
À bas la guerre (bis) - Mais ils nous font monter
là-haut
C'est pour nous faire crever la peau - A bas la
guerre (bis) »
Amis, Citoyens, Compagnons, Camarades,
À
bas la guerre ! À bas les fauteurs
de guerre !
Guerre
à la guerre !
Pour
que justice soit faite :
Réhabilitation
des 650 fusillés pour l'exemple !
Ni
en 2014, ni en 2017, ni en 2018 !
Tout
de suite et maintenant !
Ni dieu, ni maître !
A bas la calotte
Et vive la sociale !
Je vous
remercie